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Piège à conviction

Comment ne pas céder aux sirènes du "sarkozysme"

mercredi 28 septembre 2005.
 
Nos hommes politiques sont devenus, en moins de 30 ans, de véritables professionnels de la communication, à défaut d’être tous des professionnels de la politique, qui, la main sur le coeur défendent, contre vents et marées, l’intérêt général, finalité universelle de toute action politique (enfin, c’est ce que me dit mon petit Jean-Jacques illustré). Le dernier plan de « com’ » du ministre de l’intérieur fait crépiter les claviers à longueur de blog, remplit les colonnes de nos bons journaux et permet aux responsables et portes paroles de tous les partis politiques d’opposition de se dérouiller le bavoir à venin.

Petit retour sur les faits

Lors de l’émission "Pièces à conviction" , diffusée lundi 26 septembre au soir sur France 3 et consacrée au terrorisme, mais enregistrée cinq jours plus tôt, M. Sarkozy avait déclaré : "à la minute où je vous parle, des arrestations ont eu lieu, ce sont des arrestations préventives, mais ceux qu’on est allé chercher savent pourquoi on est allé les chercher" . (vous noterez au passage la simplification de la syntaxe, une manière comme une autre de faire peuple).

Cette émission a été diffusée alors que le matin même, neuf personnes soupçonnées d’avoir envisagé de commettre un attentat avaient été arrêtées dans les Yvelines et dans l’Eure par la DST, devant moult caméras de télévision. Celles du "Droit de Savoir", émission plus connu sous le nom de Canal 17 , l’émission qui vous veut du bien, ne devaient pas être loin.

Réactions

Les colonnes de la presse du lendemain sont pleines de réactions, d’indignation face au procédé, on dénonce l’instrumentalisation de la sécurité publique, le PCF réclame même la démission (rien que ça !) de Nicolas Sarkozy (qu’il donnera avant 2007, patience...).

Nicolas Sarkozy faisait allusion à l’opération de police menée le 19 septembre en Seine-Saint-Denis, au cours de laquelle six personnes soupçonnées d’organiser une filière pour envoyer des djihadistes combattre en Irak avaient été interpellées. ” Tel est le surprenant contre-feu allumé, assez discrètement tout de même, par l’entourage du ministre.

Peut-être ai-je manqué d’attention ce lundi soir, assis devant mon poste, mais ce n’est pas exactement ce que j’avais compris. Si le ministre de l’intérieur se référait à une opération vieille de près d’une semaine, pourquoi ne l’a-t-il pas clairement exprimé en plateau ? Nous avons vu plus haut que le locataire de la place Beauvau savait simplifier pour faire clair (peur ?).

L’avis du blogueur

Il aura beau s’expliquer le Nico, l’impression qu’on tente de me faire gober des choses qui ne sont pas la réalité, mais plutôt sa version politiquement exploitable, reste là, collée en travers de ma conscience, comme une bonne grosse bande de ruban adhésif entoilé (“gaffer” pour les initiés). Et, je ne sais pas pourquoi, je pense ne pas être tout seul à rester sur cette impression.

M’est avis, qu’il ne sert à rien de crier au scandale, de demander sa démission (il la donnera tout seul, je vous dit). Il me semble plus judicieux de continuer à marquer le jogger à la culotte pour démonter, consciencieusement, tous ses plans de communication, les grossiers comme les plus fins.

Souvenez-vous : « Rien ni personne ne m’empêchera... » . Nous sommes à l’évidence en présence d’une personne trop habitée par son ambition personnelle pour être un homme d’état tout à fait fiable.

Il y a bien des personnes qui peuvent empêcher le petit Nicolas d’aller jusqu’au bout. Qui ? Vous, moi, les blogeurs de tous crins qui sévissent sur la toile, et plus généralement, tous les esprits, un peu éveillés, que le spectre d’une république menée par un aventurier du populisme libéral sécuritaire font trésaillir. Empêchons les esprits plus influençables de céder aux sirènes du sarkozysme, de tomber dans ce piège à conviction. Prêchons, démonttons, plaidons, allons chercher l’info cachée sous la com’. Réclamons-la aux journalistes. Les alternatives sont à ce jour assez minces, j’en conviens, mais la cause est de la plus haute importance : il faut aider Sarkozy à se casser les dents sur le perron de l’Elysée.

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